Abandon de poste : ce que vous risquez vraiment

Vous n'en pouvez plus et vous pensez ne plus retourner au travail, en vous disant que votre employeur finira par vous licencier et que vous toucherez le chômage. C'était souvent le cas il y a quelques années. Ce n'est plus vrai aujourd'hui.

 

Depuis la loi du 21 décembre 2022, un salarié qui abandonne son poste peut être présumé démissionnaire. Avant de prendre une décision, il faut comprendre ce que cela implique.

 

1. Qu'est-ce que la présomption de démission ?

 

Lorsque vous quittez volontairement votre poste, votre employeur peut vous mettre en demeure, par lettre recommandée ou remise en main propre, de justifier votre absence et de reprendre le travail.

 

Si vous ne revenez pas et ne justifiez pas votre absence dans le délai fixé, vous êtes présumé avoir démissionné. Votre contrat prend fin comme si vous aviez donné votre démission.

 

2. Quelles conséquences pour vous ?

 

Elles sont lourdes. Comme un démissionnaire, vous ne percevez en principe ni indemnité de licenciement ni allocations chômage.

 

3. La mise en demeure doit respecter certaines règles

 

Elle doit vous laisser au moins 15 jours pour reprendre le travail. Depuis une décision du Conseil d'État du 18 décembre 2024, elle doit aussi vous informer clairement des conséquences d'une absence de reprise.

 

Si ces règles ne sont pas respectées, votre employeur ne peut pas se prévaloir de la présomption de démission.

 

4. Et si votre absence a un motif légitime ?

 

La présomption ne s'applique pas si votre absence est justifiée, par exemple par des raisons médicales, l'exercice de votre droit de retrait ou de votre droit de grève, le refus d'exécuter une instruction contraire à la loi ou une modification de votre contrat imposée par votre employeur.

 

Ce motif, vous devez l'indiquer en réponse à la mise en demeure. Ne laissez jamais une mise en demeure sans réponse.

 

5. Peut-on contester la présomption de démission ?

 

Oui. Vous pouvez saisir directement le bureau de jugement du conseil de prud'hommes, qui doit statuer dans un délai d'un mois.

 

6. Quelles alternatives à l'abandon de poste ?

 

Si vous voulez quitter votre entreprise, d'autres voies existent, souvent plus protectrices : la rupture conventionnelle, la négociation de votre départ ou, lorsque votre employeur manque gravement à ses obligations, la prise d'acte ou la demande de résiliation judiciaire de votre contrat.

 

Si vous êtes en souffrance au travail, consultez votre médecin. Un arrêt de travail est un motif légitime d'absence.

 

7. Comment puis-je vous accompagner ?

 

Avant de cesser de vous rendre au travail, faisons le point. J'analyse votre situation et je vous aide à choisir la sortie la plus sûre. Si vous avez déjà reçu une mise en demeure, je vous aide à y répondre et, si besoin, à contester la présomption de démission.

 

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